
Bien que la souffrance des animaux ait donné lieu, ces dernières années, à la naissance d’une réflexion multidisciplinaire sur la condition animale, force est de constater que les initiatives législatives entreprises ou envisagées au Québec et au Canada demeurent fondées sur une perception erronée, voire négative, de l’animal. Celui-ci, pris au piège de la structure rigide du droit qui ne l’admet pas au titre de personne, n’est dès lors qu’un bien meuble dont on peut abuser. Aussi sommes-nous en droit de nous demander si, en ce XXIe siècle, le droit véhicule encore la théorie de « l’animal-machine », postulat éthologique issue du mouvement mécaniste voulant que l’animal ne souffre pas plus qu’il ne pense (Descartes).
Au Québec, comme au Canada, la protection de l’animal à l’encontre de toute souffrance physique inutile fait l’objet d’un faible encadrement juridique. C’est que l’expérimentation biomédicale et l’élevage industriel, sans oublier le trappage, s’inscrivent dans un continuum de pratiques peu contestées, parce qu’apparaissant indispensables à la survie de l’humain et à sa culture. Ces pratiques, que justifie un argument de nécessité, rendent ardue la construction de règles juridiques destinées à prémunir les animaux de toute souffrance inutile. Cet état de fait crée un espace juridique où l’État tolère certains actes de cruauté, lorsque douleur et souffrance sont infligées aux animaux dans le cadre d’une activité légitime. Dès lors « qu’il s’agit d’intérêts économiques, il n’existe plus de limite à l’utilisation ou au traitement abusifs des bêtes » (Francione).
Plus que jamais, il y a lieu de s’interroger sur la souffrance infligée aux animaux et, surtout, d’y réagir. C’est ce qui a motivé la professeure Martine Lachance à mettre sur pied le Groupe de recherche international en droit animal (GRIDA).
Colloque mondial organisé les 18 et 19 octobre 2012 à Paris par La Fondation Droit animal, éthique et sciences (LFDA) en partenariat avec le GRIDA

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